Comment ça marche
- Des photos de la scène sont alignées par Structure from Motion (COLMAP le plus souvent) pour obtenir les positions de caméras et un nuage épars.
- Chaque point devient une gaussienne 3D avec position, échelle, rotation, opacité et couleur dépendante de l'angle de vue (harmoniques sphériques).
- Un optimiseur ajuste tous ces paramètres pour que le rendu de chaque caméra corresponde à sa photo, en créant ou supprimant des gaussiennes.
- Le rendu final projette et mélange les gaussiennes triées par profondeur, à des centaines d'images par seconde sur GPU.
Publiée en 2023 par des chercheurs d'Inria et de l'Université Côte d'Azur avec le Max-Planck-Institut, la méthode a remplacé les NeRF dans la plupart des usages grâce à sa vitesse de rendu.
Splatting, photogrammétrie, NeRF
| Photogrammétrie | NeRF | Gaussian splatting | |
|---|---|---|---|
| Résultat | Maillage texturé | Réseau de neurones | Nuage de gaussiennes |
| Rendu | Correct, artefacts sur reflets et végétation | Excellent, très lent | Excellent, temps réel |
| Mesure et CAO | Oui | Non | Non (sauf extraction de maillage) |
| Impression 3D | Oui | Non | Non |
| Taille des fichiers | Moyenne | Petite | Grande (centaines de Mo) |
| Édition | Facile (Blender) | Difficile | Limitée, en progrès |
Les outils
- Postshot (Jawset) : application Windows la plus accessible, entraînement sur GPU Nvidia, export PLY et SPZ. Gratuit en bêta.
- Polycam, Luma AI, KIRI Engine : capture au smartphone, calcul dans le cloud, partage web.
- RealityCapture intègre un mode splatting depuis 2025.
- Nerfstudio et gsplat : boîte à outils open source pour la recherche et les pipelines sur mesure.
- SuperSplat (PlayCanvas) : éditeur web libre pour nettoyer et recadrer un splat.
- Visualisation : three.js, Babylon.js, Unity et Unreal disposent de chargeurs de splats ; Godot via plugins.
Bien capturer
Les règles de la photogrammétrie s'appliquent : recouvrement important, exposition constante, pas de flou. Le splatting tolère mieux les reflets, le verre et la végétation, mais souffre des zones jamais photographiées (trous flous, « floaters ») et des scènes en mouvement. Une vidéo 4K stable à faible vitesse suffit souvent ; extrayez 200 à 600 images.
Usages concrets
- Immobilier : visites virtuelles en déplacement libre avec un réalisme inédit.
- Patrimoine et musées : restitution d'ambiances, d'intérieurs, de sites naturels.
- Cinéma et publicité : décors virtuels, mouvements de caméra impossibles au tournage.
- Jeu vidéo et VR : environnements photoréalistes, affichables en casque après optimisation.
- E-commerce : produits brillants ou transparents que la photogrammétrie rend mal.
Limites en 2026
Les fichiers sont lourds (un intérieur : 200 à 800 Mo avant compression ; les formats SPZ et SOG réduisent fortement), l'édition reste rudimentaire, l'affichage en casque autonome demande un nettoyage et une réduction du nombre de gaussiennes, et la mesure n'est pas fiable. Pour un livrable technique (BIM, impression), la photogrammétrie ou le scan laser restent nécessaires. Les deux se combinent : un splat pour l'expérience, un maillage pour la mesure. Retrouvez les outils dans notre comparatif des logiciels et notre page visite virtuelle 3D.
Questions fréquentes
Le Gaussian splatting remplace-t-il la photogrammétrie ?
Non. Il la complète : meilleur pour la visualisation réaliste, inutilisable pour la mesure, la CAO et l'impression 3D.
Quel matériel pour entraîner un Gaussian splatting ?
Un GPU Nvidia avec 8 Go de VRAM minimum, 12 à 24 Go pour les grandes scènes, ou un service cloud comme Polycam ou Luma.
Peut-on afficher un Gaussian splatting dans un casque VR ?
Oui, avec three.js, Unity ou Unreal sur PC, et sur Quest après réduction du nombre de gaussiennes (moins d'un million) et compression.