Pays de Gex Football Club rêve de pelouses synthétiques – Le Pays Gessien

Par Gilles Moine
Si Pays de Gex Football Club (PGFC) dispose de structures en dur (vestiaires, clubs houses) en bon état ou en voie de le devenir, il n’en va pas de même en termes de pelouses, la plupart en herbe et fragiles. Alors on rêve, évidemment, de terrains synthétiques…
Lorsqu’ils ont monté Pays de Gex Football Club en 2020, dans le but de mutualiser les moyens des gros clubs gessiens et de jouer la complémentarité, Saint-Genis, Crozet, Ferney et Cessy-Gex devenaient, avec 1000 licenciés, 53 équipes et une centaine de bénévoles, le plus gros club de l’Ain. Pas question néanmoins de tendre vers un club unique, ni de perdre l’identité des cinq composantes de base : « Nos jeunes portent les couleurs et jouent sur leur terrain d’origine. Ce n’est qu’à partir des U13 Compétition que nous faisons valoir la marque PGFC… », insiste le co-président Grégory Mangalam.

Ce dont ne se doutaient alors les bénévoles enthousiastes, c’est qu’ils allaient être rattrapés par un problème structurel, à savoir l’état et la disponibilité des terrains, pour les matchs, certes, mais aussi et surtout pour les entraînements.
« Cette année est particulièrement cruelle, poursuit Grégory Mangalam. Tout d’abord, nos pelouses ont subi la sécheresse et le défaut d’arrosage. Ensuite, les pluies d’octobre ont fragilisé encore davantage nos stades en herbe. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on s’interroge : sur quoi va-t-on jouer les matchs du cœur de l’hiver ? Les terrains vont être défoncés en un rien de temps…  »
Il faut savoir que PGFC ne dispose aujourd’hui que d’un seul terrain disponible à l’année : le synthétique de Ferney, qui a déjà 20 ans et donne des signes de fatigue. Pour le reste, à Cessy, le terrain d’honneur comme le terrain annexe ne sont pas au mieux de leur forme. A Chauvilly, la pelouse a été refaite l’an dernier, mais elle draine mal et du coup est parfois inondable. A Saint-Genis, le stade non éclairé peut se dégrader très rapidement. Et à Crozet, l’éclairage n’est pas homologué.
Aussi une évidence saute-t-elle aux yeux des bénévoles, comme des entraîneurs et des joueurs : il leur faudrait des terrains synthétiques, au moins un, au mieux trois, pour pouvoir assurer une saison normale.
« En Haute-Savoie, district dans lequel nous jouons, les plus petits clubs disposent de terrains synthétiques, que ce soit Frangy, Chilly, Valleiry ou encore Poisy, signale Grégory Mangalam. Chez nous, depuis les années 90, on a pris du retard, et les installations vieillissent, sont devenues moins adaptées…  » Certes, de gros efforts ont été ou vont être faits par les collectivités : vestiaires, terrains refaits et un nouveau bâtiment à Chauvilly, projet engagé de vestiaires neufs pour 2,5 millions à Cessy… PGFC en est parfaitement conscient. Mais la question des terrains pour jouer reste entière. Nous avons demandé aux élus concernés ce qu’ils en pensent.

– Une nouvelle technique pour construire des terrains synthétiques à bilan carbone neutre a vu le jour en Allemagne et au Japon : la pelouse est réalisée à partir de résidus de canne à sucre, qui deviennent de l’éthylène, puis du polyéthylène après polymérisation. La couche d’amortissement est tout simplement en sable.
– La ville d’Eysines, en Gironde, vient d’inaugurer un terrain de ce type. C’est la première en France. D’après les spécialistes, le coût serait légèrement plus élevé, et la durée de vie de 10 à 15 ans. Une solution d’avenir ?

Les U13 Compétition de Pays de Gex Football Club.
Patrice Dunand, maire de Gex, rappelle en premier lieu les deux millions d’investissement effectués dernièrement sur l’ensemble du site Chauvilly (rugby et foot). Pelouse, vestiaires et douches refaits, nouveau bâtiment, arrosage automatique… Pas question pour lui d’évoquer à court terme la possibilité d’un synthétique.
« Non seulement on n’a pas 800 000 euros à mettre dedans, détaille le premier magistrat gexois, mais de surcroît le site de Chauvilly recouvre la plus grosse réserve d’eau du Pays de Gex et il ne s’agirait pas de venir l’altérer avec des microbilles ou des particules cancérigènes. On connaît la polémique qui tourne autour de la question. Nous restons néanmoins à l’écoute de l’évolution des techniques de synthétiques qui pourraient devenir vertueuses… Mais, je le répète, pas à court terme, pas dans ce mandat, c’est sûr. Nous avons parallèlement d’énormes dossiers à porter, le nouveau lycée et ses installations sportives, la piscine… Nous sommes conscients des besoins de tous, mais nous devons prioriser par rapport à l’urgence, dans un contexte de contraintes économiques de plus en plus prégnantes… »

Pour Christophe Bouvier, à Cessy, l’emplacement géographique du stade, au cœur du village, n’est tout simplement pas adapté pour une pratique de haut niveau. « Nous envisageons pour l’avenir deux terrains éclairés, en herbe ou synthétique, même si, moi-même ancien footballeur, je ne suis pas convaincu par ce dernier. Et un synthétique, c’est a minima 500 000€. Je ne ferme pas la porte. Mais Cessy et ses 5 000 habitants ne sont peut-être ceux auxquels il faut demander le plus gros effort. Il faut créer des synthétiques là où il y a les moyens pour. Déjà qu’on met 2,5M€ dans les vestiaires… Le foot a changé, nos contraintes également, les marges des communes ne sont pas extensibles à l’infini… »

A Saint-Genis, Hubert Bertrand, maire, comprend très bien la problématique de PGFC. « Nous avons toujours le projet de l’espace sportif Sous les Vignes, où nous construirons un synthétique pour le foot. Nous sommes malheureusement face à des péripéties juridiques qui traînent en longueur et retardent le dossier. Je rappelle qu’il est lancé et financé depuis quatre ans, pour 6M €, qui pourraient devenir 8M €. » Le maire pense arriver prochainement au bout des difficultés : « Nous sommes dans la dernière phase…  »
Une phase à laquelle PGFC est suspendu.
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